- Durée : 2 heures
- Dvd : 26 février 2025
- Scénario : John Wexley d’après une histoire originale de Bertolt Brecht et Fritz Lang
- 27 août 1947 en salle
- Avec Brian Donlevy, Walter Brennan, Anna Lee
- Sous-titres : Français
- Studio ESC EDITIONS
L’histoire : En 1942 à Prague, Heydrich, surnommé « Le bourreau », est assassiné par le docteur Svoboda, membre de la résistance tchèque. Poursuivi par la Gestapo, il est aidé par une jeune femme, Mascha Novotny, dont la famille devient alors suspecte. Pour obliger le peuple praguois à dénoncer l’assassin, la Gestapo s’empare de plusieurs centaines d’otages qu’elle menace d’exécuter. Parmi eux, le professeur Novotny …
Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez-vous à la fin de l’article
L’assassinat de Heydrich, en pleine rue le 27 mai 1942 à Prague, suscite l’intérêt au cinéma,(*) via des angles bien particuliers . Fritz Lang exilé aux Etats-Unis s’empare de l’affaire en 43, et la porte sur grand écran de façon très précise, lui aussi.
L’objet du délit n’apparait jamais dans ses préoccupations, lui préférant son volet répressif ouvert sur une enquête et une traque violente de la part de la Gestapo. Les investigations demeurant sans résultat probant, de terribles représailles conduisent des milliers de tchèques en déportation ou sur le mur des fusillés.
Ces sanctions interpellent la population ( le responsable ne devrait-il pas se rendre ? ) et mettent en péril les résistants. Mascha Novotny (Anna Lee) va le devenir malgré elle, pour avoir aidé le suspect, le docteur Svoboda, dans sa fuite (Brian Donlevy). Repérée, c’est sa famille qui en fait les frais, et particulièrement son père le professeur Novotny, emprisonné ( Walter Brennan).
Fritz Lang et Bertolt Brecht saisissent là l’opportunité de mêler les intentions patriotiques de la famille Novotny ( à l’égal de la population tchèque ) aux sentiments amoureux que diffusent peu à peu les rencontres entre Mascha et Svoboda.
La faiblesse du film me semble-t-il, qui gagne avant tout dans sa mise en scène toujours en alerte, psychologiquement bien armée dans ses attendus. Au moment du tournage, on entrevoit à peine une solution pacifique à la fin de la guerre.

Lang joue quasiment la pellicule entre les dents quand sa fiction est au même instant bien réelle, et que son travail s’apparente à une démarche propagandiste. Ce qui le distingue vraiment de toutes sa filmographie . Cette fois, le déterminisme filtre les attentes de la réalisation.
Ce qui rend les caractères bien spécieux, notamment dans le noir du tableau où se succèdent Gruber (A. Granach) , l’infâme gestapiste et son ombre maléfique, traitresse, Czaka ( D. O’Keeke), un brasseur de la ville doublée d’une ordure.
Le trait, chaque fois bien souligné, réhausse la mise en scène, aux aguets, toujours prête à rebondir. L’heure est bien au réveil !

Les Suppléments :
BLU-RAY 1 et DVD (120 mn ):
- Interview de Nicolas Tellop (essayiste et critique) 35 mn.
BLU-RAY 2 (135 mn( :
- Introduction au film (3 mn)
« La collaboration Brecht/Lang » (28 mn) par Bernard Eisenschitz, historien du cinéma. -Sur fond de scénario griffonné, on reprend l’histoire de ce film peu ordinaire , tourné en pleine guerre ,sur l’assassinat d’un dignitaire nazi à Prague. Lang avait le sujet, Brecht une approche auprès des banques, résume Bernard Eisenschitz pour expliquer plus en détail les différends survenus avec le scénariste John Wexley qui ne comprenait pas la présence de Brecht au générique.
Il est bien le co-auteur à l’origine de l’histoire originale avec Fritz Lang , sur laquelle Wexley s’appuiera pour écrire son scénario.
(*) – « HHhH » de Cédric Jimenez – « Opération Anthropoid » de Sean Ellis
Si ce film est peut-être moins connu dans la filmographie de Fritz Lang c’est en raison semble-t-il de son appartenance à un courant hyperréaliste, puisque tourné en pleine guerre mondiale, six mois après les faits retenus.
Lang joue quasiment la pellicule entre les dents pour ce qui s’apparente à un film de propagande.
L’assassinat d’Heydrich à Prague en 1942. La terreur s’installe dans la ville où la Gestapo fait feu de tout bois pour mettre la main sur le responsable et ses commanditaires. Une famille, reportée sur la population tchèque, illustre la résistance autour de l’occupant et ses préoccupations vis-à-vis du suspect recherché.
Les avis sont partagés sur l’attitude à tenir vis-à-vis de sa protection ( en liberté et ce sont des centaines d’innocents, emprisonnés, fusillés ) mais la majorité opte pour une résistance passive. Toujours prête à rebondir, en alerte permanente à l’image de la mise en scène de Lang , psychologiquement bien conforme aux circonstances réelles du moment.
Le trait des personnages ainsi, chaque fois bien souligné, réhausse la mise en scène, aux aguets. L’heure est bien au réveil !
AVIS BONUS