Synopsis: Giacinto règne en tyran sur sa nombreuse famille. Tous acceptent son autorité et sa mauvaise humeur, car le patriarche possède un magot que chacun espère lui voler. Lorsqu'il décide d'installer sa concubine dans le baraquement, la révolte gronde...
La fiche du Disque
Le film
Prix de la mise en scène à Cannes en 1976
Meilleur dvd Janvier 2011 ( 9 ème )
De Paris, je ferais un portrait sans doute oléographique, beau, plein d’admiration, mais sans haine. Pour Rome, il y a aussi la haine ; je crois qu’il faut aussi ce sentiment pour faire un bon portrait. » Ettore Scola
L’âpreté de la mise en scène et la teneur du récit demeurent d’une actualité à toute épreuve.
Remplaçons le bidonville romain par un campement de fortune dans la banlieue parisienne. La même misère, des problèmes sociaux identiques, sans jamais connaître de résolutions satisfaisantes.
Pour détourner l’aspect documentaire, à l’origine du projet, Ettore Scola imagine Giancinto qui règne en tyran sur sa famille : sa femme, ses dix enfants, les conjoints, les amants et la grand-mère, tous logés sous le même toit, dans un taudis pouilleux.
Tous acceptent son autorité et sa mauvaise humeur, car notre homme possède un magot d’un million de lires – reçu en dédommagement d’un œil perdu– que chacun espère lui voler.
N’arrivant pas à leur fin, la fin du despote est programmée par une famille tuyaux de poêle comme on n’en fait plus. Le patriarche acariâtre se saoule à volonté et violente les femmes autour de lui, sa fille tapine dans les rues de Rome, son fils se travestit en femme, sa belle-fille trompe son mari avec le frère de ce dernier…
Le titre du film n’est donc pas un leurre, mais sa mise en application est toute aussi édifiante, Scola ne fait aucun cadeau à ses personnages qu’il décrit, vils et incultes.
Un regard déformé et burlesque du sous -prolétariat de l’époque dont l’existence renvoie à la société italienne, gangrenée par le pouvoir et l’argent. L’exemple le plus édifiant étant peut-être ici ce rappel à plusieurs reprises en fond de décor du dôme de Saint-Pierre, accusation explicite d’une collusion du cléricalisme romain et de la droite politique.
C’est de l’humour très noir, le type même de ce que l’on appelle encore aujourd’hui à tort et à travers « la comédie italienne ». Celle qui fait rire et sourire tout en grinçant des dents.
Les comédiens, professionnels et amateurs, s’en donnent alors à cœur joie. Ils en rajoutent même dans le grotesque et le mauvais goût, guidé il est vrai par un Nino Manfredi des grands jours.
- Mais encore
Très controversé à sa sortie, jugé « décadent » par une partie des critiques en raison de son caractère politiquement incorrect, « Affreux, sales et méchants » est aujourd’hui considéré comme l’un des grands classiques de la comédie noire à l’italienne. À l’instar de « La Grande bouffe » de Ferreri, il fait partie de ce que l’Italie a produit de plus critique, de plus dérangeant et de plus fort.
Review Overview
Le film
En ces temps là on n'y allait pas de main morte pour dénoncer les dérives sociales d'une société gangrenée par le pouvoir et l'argent. Avec en point de mire , la critique du sous-prolétariat qui en résultait .
Avis Bonus : Il n'y en a pas
9 Commentaires
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